Sur les routes depuis 17 ans, Laurent est l’auteur du blog One Chaï dans lequel il livre sa passion du voyage et de la photographie. « Des contrées moins encombrées pour un voyage au plus près des gens », telle est sa devise . One Chaï vous emmène effectivement en voyage à travers des photos et des récits de destinations moins courues comme le Pakistan, l’Iran, le Bangladesh, l’Ethiopie, le Burkina Faso…Nous l’avons interviewé pour qu’il partage ses aventures de globe-trotter ainsi que son approche du tourisme collaboratif. L’expérience de Laurent vous donnera envie de voyager hors de sentiers battus ! 

Quelle est la destination qui t’a le plus marqué ?

Sans doute le Pakistan. Évidemment, depuis quelques années, il n’est plus vraiment très réaliste d’aller voyager au Pakistan tant la situation sécuritaire s’y est dégradée. Mais j’y suis allé en 2000 durant un voyage d’une année entre la France et le Laos par la route.
Quand je suis arrivé au Pakistan, j’étais un peu fatigué, besoin de ralentir la cadence. Et là, je suis tombé sur la vallée de Hunza dans le nord du pays. Des paysages incroyables pour qui aime les montagnes et un accueil lui aussi incroyable de la part des habitants de cette vallée. Tous les voyageurs qui ont eu la chance de visiter cette région du monde n’en tarissent pas les éloges.
Aujourd’hui, on peut trouver un assez bon substitut au Tadjikistan et c’est d’ailleurs pour ça que j’y suis allé en septembre dernier.

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Tu sors un livre photo « Détour en Stan » pour célébrer les 2 ans de One Chai…tu peux nous en dire plus sur ce projet ?

Ça faisait pas mal de temps que je voulais faire un livre photo, mais par manque de temps, ça n’avançait pas. Je ne voulais pas faire une compilation vite fait bien fait de certaines de mes photos, mais quelque chose avec une certaine cohérence. Du coup, quand une société qui propose l’impression de ce genre de livre photo m’a contacté pour tester leur produit, je ne pouvais pas passer à côté de l’occasion. J’avais à coeur de produire autre chose que des articles sur le blog de mes deux voyages en Asie Centrale, au Kirghizstan, en Ouzbékistan et au Tadjikistan, et après un tri assez drastique, il restait suffisamment de photos que j’estimais à la hauteur pour réaliser un livre d’une centaine de pages. J’aurais souhaité y adjoindre des textes, mais là, le temps m’a une fois de plus manqué.

Quels sont tes projets à venir ?

À court terme, je vais aller en Chine au printemps. À priori dans l’ouest du pays. Je comptais y aller en train depuis Moscou via le Kazakhstan, mais la Russie suspend ces trains cette année faute de rentabilité, donc je me contenterai de l’avion. L’autre voyage qui semble poindre à l’horizon, c’est l’Albanie sans doute à l’automne prochain.
Pour le blog, pas d’idée révolutionnaire en gestation. Je vais continuer à parler de mes voyages et si possible sans me prendre trop au sérieux.

Comment voyages-tu ?

Je voyage pratiquement toujours seul avec mon sac à dos. Je ne suis pas vraiment capable de m’astreindre aux contraintes d’un groupe en voyage. Mes voyages sont assez peu organisés et peu planifiés. Devoir toujours négocier avec d’autres la suite est une contrainte que je ne suis pas prêt à affronter ! Mais je ne suis pas vraiment seul pour autant tant les rencontres avec des locaux ou encore d’autres voyageurs sont le lot quotidien du voyage.
Je voyage assez peu connecté. Avant l’existence du blog, j’étais même quasiment 100 % déconnecté. Depuis 2 ans, je tweet et poste sur Facebook durant mes voyages, mais ça s’arrête là. Je profite avant tout de mon voyage. Les articles sur le blog, c’est une fois rentré.

« Des contrées moins encombrées pour un voyage au plus près des gens »

Dans les pays en développement, qui dit destination touristique dit également très souvent nouvel ami de 30 ans qui débarque comme par hasard sur ton passage pour généralement tester sa dernière astuce pour vendre quelque chose aux touristes que nous sommes. Ça n’est pas que les habitants d’un lieu donné deviennent malhonnêtes une fois que le nombre de touristes augmente, mais forcément, le décalage énorme en terme de richesses crée bien des envies. Du coup, quand bien même on semble rencontrer quelqu’un de très serviable, la question demeure. Est-il sincère ou pas ?
Par contre, à 99 %, quand on rencontre un local dans les montagnes du Pamir, au Bangladesh, en Iran ou dans un coin non touristique de l’Inde, la question ne se pose pas. Des touristes, il n’en voit que très peu et arnaquer le touriste ne peut donc pas devenir un boulot à plein temps.

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Quels sont les concepts du tourisme collaboratif que tu as testés ?

J’avoue n’avoir jamais testé les options de tourisme collaboratif auxquels on s’inscrit via internet. Je voyage sans ordinateur, juste un smartphone, donc ça n’est pas forcément évident.
Par contre, quand c’est possible, j’opte pour le logement chez l’habitant, mais via des agences locales. Je dois être encore un peu old school 😉

Peux-tu nous citer une de tes meilleures expériences en lien avec ce type de tourisme ?

C’est toujours difficile de classer ce genre d’expérience, mais parce qu’elle est assez récente et donc davantage présente dans mon esprit, je dirais ma rencontre avec une famille chez laquelle j’ai logé à Geisev, un petit village perdu à 2 heures de marche dans les montagnes du Pamir au Tadjikistan. Ils ne parlaient que pamiri et russe, donc communiquer avec mes quelques mots de russe n’était pas des plus simple, mais l’accueil de cette famille et en particulier Amir, le patriarche du village, était juste incroyable.

Un conseil pour ceux qui hésitent encore à voyager hors des sentiers battus ?

Beaucoup de monde pense à tort que voyager dans des pays peu touristiques nécessite d’être un peu aventurier. En fait, rien n’est plus faux. On peut bien entendu se lancer dans des voyages qui demandent un engagement énorme, mais même dans les montagnes du Pamir au Tadjikistan, on peut voyager tranquillement de village en village avec les transports locaux et loger dans des sortes de B&B locaux ou encore des auberges où logent d’autres voyageurs. Il n’y aura certes pas toujours une douche à disposition, mais à part un confort parfois limité, pour le reste, il n’y a en fait rien de plus facile ! Il faut juste foncer quoi !
Et voyager hors des sentiers battus n’est en rien plus dangereux. Ce n’est pas le nombre d’autres touristes qui rend une destination sure. C’est d’ailleurs même parfois le contraire.

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