Le tourisme du futur sera collaboratif ou ne sera pas

Quels touristes serons-nous dans 20 ans ? Aura-t-on encore les moyens de voyager? Quelles destinations nous feront rêver?

Afin de mieux saisir les enjeux du tourisme du futur, nous sommes allés interroger deux spécialistes de la question : Guillaume Cromer, Directeur d’ID-Tourisme et Antonin Leonard, fondateur de Ouishare. Des petits morceaux de prospective qui laissent entrevoir de belles surprises ! Le tourisme de masse serait-il en train de vivre ses derniers jours ? A en croire les derniers chiffres du secteur, pas vraiment. Les Chinois commencent à peine à goûter aux plaisirs du voyage et ne sont pas prêts de freiner leurs ardeurs de néo-touristes. Tout comme les Brésiliens et les Russes. Mais en y regardant de plus près, il ne fait nul doute que la crise est passée par là… Preuve en est, seuls 60 % des Français sont partis l’été dernier, contre 70 %, un an plus tôt. Mais pas question d’imaginer une seule seconde que les européens stopperont toute activité touristique dans un futur proche. « Il est évident que la crise a eu un impact. Reste que le besoin de voyager existera toujours. Il y aura simplement plus de contraintes économiques, notamment sur le transport aérien. », prédit Guillaume Cromer .

Tourisme : quand les nouvelles technologies entrent en jeu

Pour Antonin Léonard, fondateur du collectif Ouishare, spécialiste du secteur de la consommation collaborative, l’évolution des comportements est déjà notable. « Il y a une forte corrélation entre nouvelles technologies et comportements. De plus en plus de jeunes ne réservent plus avant de partir et utilisent beaucoup Facebook pour se faire recommander des plans bons et trouver des gens sur place. »

La recherche intensive de bons plans est l’une des marques de fabrique de ces nouveaux touristes, plus conscients des enjeux environnementaux et avides d’expériences humaines. « Sur Facebook, les photos de personnes qui partent en vacances sur des îles paradisiaques ne sont plus valorisées.  Aujourd’hui, notre génération est en quête de destinations plus atypiques. », remarque Antonin.

La consommation collaborative change la donne

Des changements de mentalités que les acteurs traditionnels du tourisme ont parfois du mal à appréhender. L’arrivée (et le succès) de nouveaux services comme le covoiturage, le Nightswapping , les Greeters… bouscule leurs habitudes et les incite à se remettre en question.

« La consommation collaborative contribue à brouiller les secteurs traditionnels. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter ! Quand vous demandez à un jeune qui pratique le covoiturage s’il a l’impression d’être alternatif, il vous répondra que non. C’est devenu quelque chose de banal. ».

Le visage du tourisme sera donc, à l’avenir, plus collaboratif . Mais pas seulement. Guillaume Cromer insiste aussi sur l’importance d’être plus imaginatif. « Les gens ont toujours besoin de dépaysement à proximité de chez eux. Il faut simplement proposer de nouvelles formes de voyage. A Paris, par exemple, il existe des balades participatives. »

Le gouvernement français semble, en tout cas, avoir pris toute la mesure de l’enjeu. Le ministère de l’Artisanat, du commerce et du Tourisme a lancé en novembre dernier les Assises du tourisme . Pendant plusieurs mois, des groupes de travail (composés d’acteur publics et privés) seront à pied d’œuvre pour élaborer un programme d’actions visant à faire de la France une destination d’avenir.

Un dossier que nous suivrons de près ;)

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